[ ‚úćūüŹľ ] - La fabuleuse histoire d'une d√©pression !

Dernière mise à jour : 20 mars 2020


Ayant moi-même traversé un épisode dépressif suite à un burn-out, je peux vous parler ouvertement de cette expérience qui fut une des plus douloureuses de ma jeune existence mais qui fut aussi mon salut et la solution salvatrice que mon corps a mis en place pour me sauver.


Car oui, une d√©pression / un burn-out, c'est avant tout un sauvetage que le corps met en place pour vous obliger √† ne pas aller plus loin. Ne pas vous enfoncer plus dans une vie qui n'est pas la v√ītre, qui ne vous correspond pas, que vous ne pouvez plus supporter. Le corps a un objectif simple, unanime, efficace et complexe : vous faire vivre et donc avancer. Le corps vous donne des alertes mais vous ne les entendez, voyez et sentez pas. Alors il s'accroche. Jusqu'au jour o√Ļ il ne peut plus et c'est l√† que le burn-in puis le burn-out arrive.


Je vais ici vous présenter plusieurs éléments de compréhension de l'installation de cette maladie, vous raconter mon vécu et surtout vous proposer une vision positive de celle-ci ainsi que quelques conseils à mettre en place !


‚ÄĘ Du point de vue de l'√©volution ‚ÄĘ

‚ÄĘ Avant, quand le chasseur cueilleur √©tait attaqu√© son corps se pr√©parait √† fuir mais aussi √† se r√©parer apr√®s l'attaque. La fuite c'est : le coeur qui bat la chamade, l'adr√©naline, cette sensation d'√™tre en alerte. La r√©paration c'est : un syst√®me immunitaire qui se mobilise en cas de blessure et une obligation de repos apr√®s coup.


‚ÄĘ Aujourd'hui, nous ne sommes plus pourchass√©s par un lion, fort heureusement, mais nous sommes sans cesse en alerte. Celle-ci est d'un autre registre, elle est plus sournoise et silencieuse. Elle n'est pas "visible" surtout dans les pays d√©velopp√©s tels que la France. En effet, m√™me s'il ne faut pas faire de g√©n√©ralit√©s, la plupart de la population n'a plus √† se soucier d'avoir un toit sur la t√™te, √† chercher √† manger ou trouver des habits qui tiennent chauds. Les besoins physiologiques et de s√©curit√©, dans la pyramide de Maslow, sont "combl√©s".


‚ÄĘ Les trois derniers besoins qui sont : l'appartenance, l'estime et l'accomplissement, sont aujourd'hui ceux qui entrainent chez les individus des probl√©matiques essentielles. Perturbant le d√©veloppement, la r√©alisation et l'acceptation de soi qui sont, bien entendu, diff√©rents pour tout le monde. Sur 7,55 milliards d'individus, il y a 7,55 milliards minimum d'aspirations personnelles diff√©rentes.


‚ÄĘ Du stress de survie au stress sociologique ‚ÄĘ

De nos jours le stress est permanent et constant. Pour ne vous citer que quelques exemples :


  • soucis excessifs de ce que votre entourage pense de vous,

  • penser que vous allez √† l'encontre des attentes de votre famille, votre conjoint, vos amies et parfois vous-m√™me,

  • vouloir se montrer sous son meilleur jour au travail et tout accepter pour justement √™tre accept√© et valoris√©,

  • ne pas s'autoriser une soir√©e, un weekend de repos et r√©pondre toujours positivement √† toutes les propositions sociales (sorties, voyages, ...),

  • vouloir √™tre comme tout le monde, se fondre dans la masse et donc ne pas d√©voiler qui nous sommes vraiment et donc ne pas √™tre soi,

  • vivre une deuxi√®me journ√©e avec les enfants apr√®s le travail,

  • avoir la sensation de devoir √™tre parfait tout le temps : √™tre √©colo, √™tre un bon parent, √™tre un ami parfait, √™tre √† la mode, bien manger, faire du sport etc ...

  • ne pas arriver √† se d√©tacher de comportements qui nous polluent,

  • ne pas arriver √† se d√©tacher de personnes toxiques,

  • vivre un harc√®lement physique / moral personnel ou professionnel,

  • travailler dans des conditions de travail difficile,

  • et par dessus tout, ne pas suivre ses intuitions, ne pas avoir confiance en soi et s'aimer tel que nous sommes.


Tout cela, et ce n'est qu'un √©chantillon, entra√ģne une pression constante qui √©puise le corps et l'esprit.

Le corps, vous lancera des alertes : fatigue, énervement, crise d'angoisse, malaise, maladies chroniques ...

L'esprit, se détériorera : baisse de confiance en soi, prise de recul et d'objectivité difficile, intolérance vis à vis de soi et des autres et un désamour pour soi-même.


‚ÄĘ L'exemple par le v√©cu personnel ‚ÄĘ

En 2016, mon père est décédé après 2 années de lutte contre un cancer agressif. À son décès, j'ai eu l'impression de prendre 10 ans dans les dents, coucou la dureté de la vie. Les années suivantes ont été un vrai combat, j'étais sur tous les fronts.

J'étais très présente pour ma mère, je sortais énormément, je multipliais les projets et m'éparpillais, je rencontrais mon copain, je trouvais du travail. Bref TOUS les aspects de ma vie étaient en mouvement sans parler que je n'ai pas pris le temps de me reposer et de faire mon deuil.

C'est important, je n'ai pas pris le temps de le faire, d'√™tre triste, d'√™tre en col√®re, d'accepter. J'ai combl√© le vide en m'occupant de ma m√®re, en retapant un appartement, en sortant plus que de raisons, en m'engageant √† fond dans une relation, en voyageant et en m'impliquant corps et √Ęme dans un travail.

Au travail, je n'aime pas mal faire donc j'essayais de contenter tout le monde, sans froisser personne. Sauf que je m'y suis épuisée. Ce n'était ni le travail qui me fallait, ni l'environnement qui me fallait mais je tenais car changer de métier signifiait échec et ça, ce c'était pas permis.

Puis les soucis de santé sont arrivés et j'ai enfin pris la décision de tourner la page. Sauf que c'était trop tard. Le lendemain de l'arrêt de mon contrat, je suis tombée au fond du gouffre. Une descente que l'on vit seul même si l'on est très bien entouré. Le burn-out, la dépression ne se vit pas à plusieurs. Elle nous appartient et nous est propre.


Concernant les sympt√īmes :

  • angoisses tous les 4 jours, je mettais 15 jours √† m'en remettre d'une, donc fatigue constante,

  • anxi√©t√© g√©n√©ralis√©e,

  • r√©veil tr√®s (trop) matinal,

  • transit difficile,

  • pens√©es suicidaires,

  • perte de confiance en soi, je me sentais m√™me plus l√©gitime dans ma maladie,

  • difficult√© √† manger entrainant une perte de poids,

  • d√©sociabilisation, incapacit√© d'√™tre dans un groupe, surtout festif.


Je suis quelqu'un qui ne laisse pas les situations s'éterniser donc j'ai cherché à comprendre très rapidement. J'ai vu un hypnothérapeute et une psychologue dans le mois qui suivait la chute.

Avant de commencer ma formation de naturopathe, car je ne m'en sentais pas capable, on m'a placé sous un anti-dépresseur (Inhibiteur Sélectif de la Recapture de la Sérotonine) pendant 5 mois. Une béquille qui m'a sauvé la vie afin de rebondir et mieux gérer ce changement de vie car je n'avais pas encore les outils naturopathiques nécessaires pour m'en sortir sans aide médicamenteuse.